Dimanche 11 octobre 2009

Faire de la précaution un principe

La précaution, du latin praecautionem, de prae, en avant, et cautio, garde, est, selon Littré, ‘Ce qu'on fait par prévoyance, pour éviter un mal’, synonyme de circonspection, de ménagement. On dit se conduire avec précaution.

On peut aussi ajouter dans les synonymes : prudence, vigilance …

C’est assurément une qualité bien utile à qui veut agir avec discernement et notamment aux dirigeants politiques : Gouverner, c’est prévoir !

Principe a, selon le même Littré, neuf sens différents. C’est le huitième qui s’applique ici : ‘maxime, règle de conduite, précepte de morale’ comme dans les expressions ‘de bons, de mauvais principes’. 

Elever la précaution, bonne conduite ordinaire, au rang d’un précepte moral, c’est en faire une obligation impérieuse ; l’inscrire dans la Constitution c’est en faire une norme du rang le plus élevé, supérieure à la loi, aux règlements et à l’ensemble des contrats.

Comment est-ce arrivé ?

Tout commence en 1972 avec la déclaration de Stockholm qui stipule : « L'homme a le devoir solennel de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations présentes et futures ». La dimension mondiale est atteinte au Sommet de la Terre réuni à Rio de Janeiro en juin 1992 (principe 15 de la déclaration de Rio). En Europe, le principe de précaution est introduit dans le Traité de Maastricht (1992).

Il s’agit donc, avant tout, de protection de l’environnement et la solennité de l’affirmation du principe est justifiée devant la gravité de l’enjeu, l’inconscience habituelle du danger et le poids des intérêts économiques mis en cause par le principe affirmé du pollueur - payeur.

Devenir

Le principe de précaution a plu. Il a été d’un grand secours à la mouvance « verte » de la population pour alerter sur la défense de la planète et pour mobiliser des masses de plus en plus nombreuses. De la défense de la planète à long terme, on est passé à l’environnement immédiat et de la défense de l’environnement à celle de l’alimentation et de la santé humaine en général. 

Rapport bénéfice/risque

Le bénéfice pour l’humanité est incontestable. Tout ce qui peut mobiliser est bon devant l’ampleur et l’urgence de la tâche.  Il existe aussi des bénéfices secondaires pour les gouvernants qui, par la proclamation répétée de ce principe, peuvent donner à peu de frais des gages de bonne gouvernance à la population.

Le risque est lié à la sacralisation de cette conduite. Une fois portée sur les autels de l’humanité, la précaution acquière la force d’un commandement religieux avec les conséquences habituelles de soumission de la volonté et de dispense de réflexion, d’entrée dans la problématique de l’hérésie ou de l’apostasie, et de vulnérabilité aux abus de l’intégrisme, voire du fanatisme, avec appel au diable (les multinationales, les lobbys scientifiques…). C’est aussi entrer dans une logique de la peur, qui est mauvaise conseillère : peur du changement, de la nouveauté, du progrès scientifique d’un côté et peur des réactions du public et de la presse de l’autre. 

Les applications

La loi est raisonnable mais la pratique donne lieu à des excès dommageables pour la société.

 

Sur le plan légal

Les textes de loi figurent dans les documents annexes. Ils font preuve d’une grande retenue dans les mesures de précaution à prendre devant une situation que l’on soupçonne dangereuse. Ainsi la loi Barnier de 1995 fait état de mesures « proportionnées, à un coût économiquement acceptable » et la note de la Commission de Bruxelles de février 2000 recommande à son tour d’appliquer des mesures proportionnées au risque supputé et, aussi, de « pratiquer, autant que faire se peut, une étude évaluation bénéfice-coût-avantages à mesure que le danger se précise et qu’on peut en déterminer le taux de risque », de revoir périodiquement les mesures prises et de mettre en œuvre les recherches scientifiques nécessaires pour définir le danger, ce qui précise le cadre des moratoires provisoires.

Aussi bien intentionnée soit-elle, la loi ne parvient pas à envisager toutes les situations qui peuvent se présenter dans un domaine nouveau en constante évolution et ne peut que s’en tenir à des principes généraux, laissant à la jurisprudence le soin d’en préciser les modalités d’application. Or les juges sont peu disponibles et insuffisamment armés pour s’ériger en législateurs dans un domaine aussi complexe et mouvant. D’où des jugements contestables et contradictoires.

Dans la pratique

On ne retrouve pas, tant s’en faut, la sagesse du législateur dans les comportements du public et des décideurs face aux situations supposées porteuses de risques. Ces situations ont en commun de concerner les acquis scientifiques non encore familiers qui inquiètent par leur ésotérisme : mystère des radiations (déchets nucléaires, antennes-relais…), des modifications génétiques artificielles, des nouvelles synthèses chimiques indétectables. Les risques parfois élevés mais familiers (tabac, circulation routière…) inquiètent et mobilisent beaucoup moins.

Rationaliser

Le rôle d’une association rationaliste est de préciser le risque réel encouru dans chacune des situations redoutées, leur degré d’incertitude, la marche à suivre pour lever les incertitudes, et à comparer ce risque supputé aux risques familiers de notre vie quotidienne.

Un dossier en préparation sur le site de l’UR s’efforcera de le faire pour les principales interrogations passées ou actuelles : nucléaire, OGM, dioxine, ondes électromagnétiques, vaccins, maladie de la vache folle…

Par Union rationaliste
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Lundi 13 avril 2009

 [Ces lignes sont tirées du script de l’émission de Radio Libertaire du 10 avril 2009 avec Guy Bruit et ses invités Bernard Leulliot, éditeur, et Georges Alliot, écrivain et bibliophile pour parler du livre d’Aragon ‘Les communistes’ et du recueil du journal ‘Les étoiles’ dirigé et souvent rédigé par Aragon pendant la résistance, recueil qui vient d’être publié. Au cours de l’émission, Bernard Graber a présenté trois chansons de Léo Ferré sur des poèmes d’Aragon.]

ARAGON ET LA CHANSON (1897 - 1982)

Sans avoir jamais écrit pour un chanteur, Aragon est le poète qui a été le plus chanté : près de 200 de ses poèmes ont été mis en musique par plus d’une centaine d’interprètes, dont les plus marquants ont été Georges Brassens avec « Il n’y a pas d’amour heureux », Léo Ferré qu’on va entendre et Jean Ferrat qui a dit : « Je trouve que sa poésie correspond à une sorte d'idéal d'écriture dans le domaine de la chanson. Le sens des images, la force de l’expression, la concision extrême des vers me semblent essentielles dans l'écriture d'une chanson. Aragon a écrit des poèmes qui n'étaient pas faits a priori pour être des chansons quoique le mot chant, le mot chanson reviennent constamment dans son œuvre. Lui même a écrit "Chanson de ceci"," Chanson de cela". Le chant, au sens général du terme, le chant de l'homme, revient dans son œuvre des dizaines et des dizaines de fois. Il est évident que d'avoir été mis en musique a permis à certains de ses textes d'être véhiculés d'une manière incomparable dans le public et d'avoir un écho qu'ils n'auraient pas eu sans cela. C'est sûr ; d'ailleurs, il le reconnaissait lui-même. Il était très content d'entendre ses chansons. Il disait "Tiens ! Mais c'est de moi, ça ! " Souvent, il ne s'en souvenait plus : « Mais où t'as pris ça ? ».

On peut ajouter que les chanteurs-compositeurs ne se contentent pas de choisir les poèmes, ils les découpent, en choisissent un passage, en extraient un refrain, y ajoutent éventuellement une strophe, changent le titre. Ils les montent comme un bijoutier le fait d’une pierre précieuse qu’on veut porter en bague en la retaillant un peu parfois pour en faire ressortir l’éclat. Tout le monde ne sait pas lire la poésie. On ne la parcourt pas comme on lit le journal ; elle se murmure dans la tête, et l’ajout de la musique, qui en fait un chant, la rend accessible à tous.

Un critique a dit que c’est probablement par ses chansons qu’Aragon passerait le mieux à la postérité.

Nathalie Piégay-Gros maître de conférence à Paris-Diderot qui a consacré récemment 2 volumes à ‘Aragon et la chanson’ conclut sa préface en écrivant : « Notre époque qui fait fi des clivages entre les genres et les tendances comme de l'opposition entre les générations et qui amorce un retour à la chanson à texte des années 50, 60 et 70 et à leurs grands interprètes, est propice à une reprise des poèmes d'Aragon (par Sanseverino, La Tordue, Les Enfoirés, M. Ziouane, etc.) »

Les trois chansons de Léo Ferré qu’on va entendre ce soir sont parmi les plus connues et aussi les plus belles. Ce sont ‘L’affiche rouge’, ‘Tu n’en reviendras pas’ et ‘Est-ce ainsi que les hommes vivent’. Ce sont des chansons du temps de guerre, toutes extraites du Roman inachevé où Aragon, à 59 ans, raconte sa vie en poèmes.

 

L’affiche rouge est tirée de la section « Strophes pour se souvenir » du Roman inachevé.

L'Affiche rouge est une affiche de propagande officielle placardée en France à l’occasion de la condamnation à mort de 23 membres des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée) de la région parisienne, et de l'exécution de 22 d'entre eux le 21 février 1944. L'affiche sert à la propagande nazie qui monte en épingle l'origine étrangère de la plupart des membres de ce groupe et cherche à terroriser par sa couleur rouge et les portraits hirsutes des condamnés. Il y avait parmi eux une femme, Olga Bancic, qui ne sera pas fusillée mais décapitée le 10 mai suivant à Stuttgart, en application du manuel de droit criminel de la Wehrmacht interdisant alors de fusiller les femmes. Ils appartenaient tous au réseau Manouchian constitué de 23 résistants communistes, dont 20 étrangers, des Espagnols rescapés de Franco, des Italiens antifascistes, Arméniens, Juifs de l’Est échappés à la rafle du Vel'd'Hiv' de 1942. Leur chef est un Arménien, Missak Manouchian. La lettre qu’il écrivit à sa femme la nuit de son exécution (‘ma Mélinée, mon orpheline’) a été reprise par Aragon dans son poème qu’il écrivit 11 ans plus tard, en 1955, à l’occasion de l’inauguration de la rue du Groupe Manouchian dans le 20e.

Ils sont enterrés à Ivry-sur-Seine, où une stèle a été érigée à leur mémoire.

http://www.deezer.com/#music/result/all/leo%20ferré%20chante%20aragon

 

Tu n’en reviendras pas

La seconde chanson de Ferré-Aragon que nous allons entendre, ‘Tu n’en reviendras pas’, est aussi un poème du temps de guerre, la guerre de 14-18 où Aragon, enrôlé comme médecin auxiliaire (il avait fait deux ans d’études de médecine), avait été frappé par les morts de nombreux blessés y compris celle d'un jeune soldat allemand lecteur de poésies. Dans son poème, Aragon décrit un compartiment d’un train de transport de troupes qui montent au front. Les soldats de ce compartiment seront tous tués et le poète voit le monument aux morts sur lequel leurs noms seront gravés dans un des plus beaux quatrains de la poésie française où le mot répété ‘Déjà, déjà, déjà’… sonne comme un glas jusqu’au dernier vers éblouissant : ‘Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri’.  


Est-ce ainsi que les hommes vivent

La troisième chanson d’Aragon-Ferré, Est-ce ainsi que les hommes vivent, se rapporte aussi à la guerre de 14-18. Aragon est affecté aux troupes françaises d'occupation en Sarre au début de l’année 1919. Il a 22 ans et se cherche dans un monde à l’envers (‘C’était un temps déraisonnable’). L’un de ses points d’attache est une jeune prostituée d’un bordel de Sarrebruck, Lola, qui sera assassinée au petit matin par un militaire. Le poème d’Aragon, intitulé ‘Bierstube Magie allemande’, dans la même section ‘La guerre et ce qui s’ensuivit’ du Roman inachevé, est sensiblement plus long. Du fragment détaché un peu sibyllin, Léo Ferré a fait un rêve fascinant.

Par Union rationaliste
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Jeudi 2 avril 2009

[Communication à la rencontre organisée par le Conseil national pour les personnes âgées le 24 mars 2009 à la mairie du XVe]

L’Union rationaliste a décidé de contribuer aux états généraux de la bioéthique.

Ces états généraux sont une initiative gouvernementale heureuse qui consiste à faire participer le public à la révision de la loi de bioéthique de 2004 prévue pour 2010.

Ils viennent d’être lancés le 4 février pour 5 mois. Ils comprennent un site internet géré par l’Agence de la biomédecine ouvert à tous pour informer et recueillir les contributions des internautes, et des forums citoyens qui se tiendront en juin à Marseille, Rennes et Strasbourg avec un public tiré au sort sur les listes électorales et formé par des experts au cours de deux week-ends.

La loi de bioéthique de 2004, elle-même révisée de la loi de 1994 qui était la première, couvre un large éventail qui va du clonage à la recherche sur l’embryon et les cellules souches, en passant par les diagnostics préimplantatoire et prénatal, le don d’organe et, surtout, l’assistance médicale à la procréation elle-même divisée en insémination artificielle et fécondation in vitro avec ou sans don de gamète.

La question du don de gamètes peut être prise comme exemple de la démarche rationaliste qui consiste à détecter les préjugés et à refuser toute influence qui ne puisse pas être soumise au contrôle de la raison. Deux exigences, au moins, doivent être prises en compte. La première relève du rationalisme proprement dit ; c’est la recherche de la connaissance la plus étendue possible des données du problème (ici, des enquêtes psychosociologiques et de santé publique suffisamment prolongées). La seconde appartient à la morale rationaliste ; c’est celle du respect du libre arbitre des personnes impliquées dans la mesure où leur choix ne fait pas de tort à autrui.

Le don de gamètes peut être masculin ou féminin.

S’il est masculin, cela s’appelle Insémination artificielle avec donneur, IAD, par opposition à IAC (par le conjoint). L’indication en est la stérilité de l’homme ou une maladie grave transmissible, soit héréditaire (mucoviscidose, myopathie…) soit acquise (sida, virus des hépatites ou cytomégalovirus).

La technique consiste à introduire dans l’utérus de la femme, au moment favorable du cycle, les paillettes décongelées d’un donneur conservées dans un Cecos (Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme).

Si le don de gamète est féminin, il s’agit d’un don d’ovocyte. La donneuse subit un traitement hormonal stimulateur d’ovulation. Les ovocytes sont prélevés par ponction à travers la paroi du vagin sous contrôle échographique et anesthésie locale. La fécondation a lieu aussitôt avec le sperme préparé du conjoint de la receveuse. L’embryon est congelé et conservé. Il sera introduit dans l’utérus à l’aide d’un cathéter.

Que le don porte sur le sperme ou sur les ovocytes, il doit répondre à deux conditions impérieuses : être anonyme et gratuit.

L’anonymat

L’anonymat est un principe absolu en droit français s’agissant de dons d’organe ou de tissus comme le sang. Quatorze pays y ont mis fin selon différentes modalités, et depuis quelque mois en France, l’anonymat des dons est fortement mis en question sous l’impulsion notamment de certains des jeunes adultes qui en sont nés. Ils réclament le droit de connaître la totalité de leurs origines biologiques en soulignant que ces dons ne sont pas anodins puisqu’ils transmettent l’hérédité. Selon eux, maintenir l’anonymat du don revient à les priver d’une partie de leur histoire. Cela est vrai, aussi, de tous les enfants à la recherche de leur père biologique quand il s’agissait d’un compagnon de passage de leur mère. Alors que, pour les partisans de l’anonymat, donneurs ou parents ne se décideraient pas sans la protection de cet anonymat : les donneurs se sentiraient responsables de cet enfant biologique et les parents auraient à faire une place au donneur. Sans compter tous les couples qui préfèrent garder secret le recours au don vis-à-vis de l’entourage et de l’enfant, secret qui n’est possible que si personne n’est au courant : un adolescent ou jeune adulte qui apprendrait par un tiers que son père n’est pas son géniteur pourrait en souffrir beaucoup.

Les deux exigences de la recherche de la connaissance des données du problème et du respect du libre arbitre des personnes impliquées sont habituellement partagées par les membres des comités d’éthique. Les décisions dans ce domaine relèvent plus de la politique sociale que de la morale.

Gratuité

C’est aussi un principe fondamental du droit français s’agissant de dons d’organe ou de tissus. Ce principe n’a pas de référent religieux à proprement parler mais trouve sa source dans la vertu de respect de dignité de la personne humaine qui ne peut pas être traitée comme une chose et donner lieu à un commerce. La gratuité va de soi en matière de don de sperme encore qu’il ne serait peut-être pas choquant de voir un étudiant arrondir ses fins de mois en vendant son sperme dans la situation de pénurie qui règne aujourd’hui. Il n’en va pas de même pour le don d’ovocytes, encore plus déficitaire [les délais d’attente sont en moyenne de six mois à deux ans pour un don de spermatozoïdes, de six mois à cinq ans pour un don d’ovocytes] et qui demande à la femme de subir l’orage hormonal de la stimulation ovarienne et l’épreuve de la ponction chirurgicale. A l’étranger, chaque don est rémunéré : 900 € en Espagne et en Belgique où vont les Françaises soumises, en France, à des listes d’attente de plusieurs années. Comme pour l’IVG avant la loi Veil, il existe une disparité injuste entre les femmes qui ont les moyens de s’offrir ce service à l’étranger et celles qui doivent se contenter de ce que la France peut leur proposer. Certains préconisent une reconnaissance financière des donneuses françaises en faisant la distinction entre une indemnisation, acceptable et même souhaitable, et la commercialisation par des entreprises qui verraient là une source de profits, ce qui apparaîtrait comme parfaitement condamnable.

Ici la considération éthique est plus apparente. La gratuité créant une pénurie, on voit s’opposer un principe abstrait, la gratuité, à une situation concrète bien réelle, la satisfaction de projets de vie basés sur le désir d’enfants. Faut-il sacrifier ce désir, riche de création et d’épanouissement, à une position de principe qui n’est acceptable que si elle protège contre des désordres plus grands générés par la commercialisation des produits du corps humain ? Ces désordres ne sont, pour l’instant, que des suppositions et les opposer au dol de la privation de gamètes relève d’un principe de précaution qu’il convient de relativiser : la suppression de la gratuité pourrait être encadrée par des lois qui en éviteraient les effets pervers.

Eligibilité

Toutes les femmes n’ont pas droit au don de gamètes. Qu’il s’agisse du sperme d’un donneur ou de l’ovocyte d’une autre femme, une femme doit, pour être éligible à ce don, remplir certaines conditions qui sont le mêmes que pour un transfert d’embryon : elle doit vivre en couple hétérosexuel depuis au moins deux ans et en apporter la preuve. Sont exclues les célibataires, qui ont cependant le droit d’adopter un enfant, et les homosexuelles. Les veuves aussi ont le droit d’adopter un enfant mais il leur est interdit de recourir à l’insémination avec le sperme congelé de leur mari défunt, ni au transfert de l’embryon conçu avec lui de son vivant.

Ici l’opposition entre les projets de vie et les principes qui les prohibent est encore plus violente. Le législateur a voulu réserver l’accès aux techniques de l’assistance médicale à la procréation aux couples répondant à l’image idéalisée du couple hétérosexuel stable engagé dans un projet parental. C’est typiquement le genre de principe qu’un raisonnement rationnel doit déconstruire pour en découvrir les fondements et en dénoncer les archaïsmes.

Il semble, heureusement, à lire les informations contenues sur le site des états généraux de la bioéthique (1), qu’une prise de conscience des contradictions de la loi et du caractère arbitraire de certaines de ses dispositions soit en cours.

(1) http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/base_documentaire/ABM/ABM_rapport-bilan-LB-oct2008_amp.pdf

 Bernard Graber

 

Par Union rationaliste
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Lundi 29 décembre 2008

Communication au Colloque sur la fin de vie de l’Association française d’échanges et d’initiatives

le 15 décembre 2008 à Paris, mairie du XVIe.

Le rationalisme, tel que nous le concevons à l’UR, n’est pas une religion. C’est une attitude, une disposition d’esprit qui se résume en une recherche d’objectivité telle qu’elle est contenue dans des locutions comme : « Réfléchir avant d’agir » ou « Est-ce un bien, est-ce un mal, c’est un fait ». On s’aperçoit que ces préceptes de bon sens, soigneusement respectés par chacun dans sa vie de tous les jours,  sont souvent oubliés dans les débats de société où parlent haut ces deux grands ennemis de la raison pratique que sont le dogmatisme et l’utopie.

Le premier temps de la démarche rationnelle est l’exposition objective des faits, la réponse à la question : « de quoi s’agit-il ? » L’une des premières fautes contre l’esprit est de déformer la réalité quand elle contrarie ses convictions pour ne pas avoir à se remettre en cause. Cette attitude, qui serait funeste aux scientifiques et à la science, n’est pas bonne non plus pour la conduite de la société.

Le second temps de la démarche est de faire la part des influences qui peuvent s’exercer au moment de la décision.

En matière d’euthanasie, la recherche de l’objectivité dans l’examen des faits conduit à envisager deux situations distinctes : l’euthanasie administrée et le suicide assisté.

Dans l’euthanasie administrée, qui est très répandue quoique le plus souvent clandestine, la question n’est pas de savoir s’il faut mettre fin à une agonie interminable ou conclure une mort déjà survenue depuis longtemps chez l’individu lui-même et dans la conscience de ses proches, mais de savoir à qui en attribuer la mission.

Dans le suicide assisté, au contraire, il s’agit de savoir si l’on doit répondre ou pas à la volonté clairement exprimée d’un sujet accablé qui renonce à survivre et qui réclame l’aide de la société pour mettre fin à ses jours. La question est ici de savoir où faire porter cette aide : en se pliant à la volonté du patient ou en l’amenant à renoncer à son projet de mort.

L’euthanasie administrée concerne les morts cérébrales ou comas dépassés et les agonies très longues et pénibles de sujets complètement inconscients. La responsabilité de cette euthanasie appartient aujourd’hui à l’équipe médicale, avec ou sans consultation des familles à qui l’on peut souhaiter éviter le poids d’une décision culpabilisante. Les situations sont toutes particulières et doivent être abordées avec beaucoup de tact et d’intelligence. Les non-dits sont indispensables aussi bien pour les familles que pour les médecins eux-mêmes qui ont toujours refusé par la voie de leurs représentants qu’on leur attribue une fonction de mort alors que leur rôle est de protéger la vie et aussi pour les pouvoirs publics tout disposés à fermer les yeux du moment qu’il n’y a pas scandale public et qui préfèrent de beaucoup ne pas avoir à légiférer sur les sujets sensibles. Les gestes sont d’ailleurs très rarement des gestes proprement mortifères ; ce sont des gestes d’apaisement, le plus souvent une augmentation des doses de calmants qui n’ont pas besoin de dépasser le seuil dangereux chez des sujets très affaiblis.

Une députée d’un groupe de réflexion sur la modification de la loi Léonetti, l’UMP Henriette Martinez, vient d’évoquer des similitudes entre la fin de vie et l’avortement : "Nous sommes dans la mort clandestine comme nous étions dans l'avortement clandestin avant [la loi Veil de] 1975". En effet, en matière d’euthanasie comme d’avortement avant 1975, la loi n’est pas appliquée et la clandestinité, qui est tolérée, est dangereuse et inégalitaire.

La loi Leonetti du 22 avril 2005, surtout motivée par l'affaire Humbert, a fait un premier pas en introduisant la notion d'acharnement thérapeutique auquel il est devenu légitime de mettre fin en autorisant les soignants à débrancher les appareils d’assistance et à retirer les sondes d’alimentation, ou à ne pas opérer, ou à ne pas tenter de nouvelle stratégie thérapeutique.

Ce premier pas n’a pas tout réglé comme devait bientôt le montrer le cas d’Hervé Pierra, jeune homme de vingt-neuf ans plongé dans un coma dépassé depuis 8 ans, trachéotomisé et nourri par une sonde gastrique que ses parents ont demandé de retirer comme la nouvelle loi l’autorisait. En l’absence de geste sédatif associé que la loi n’imposait pas et que l’équipe médicale ne s’était pas résolue à pratiquer, le jeune homme mit six jours à mourir de soif et ces six jours furent pour les malheureux parents ‘au lieu du temps du deuil le temps de l’horreur’, comme l’a écrit leur avocat, en face de leur fils agité de convulsions quand bien même ils savaient, sans en être cependant tout à fait sûrs, qu’il ne souffrait pas. C’est de toute cette violence autour de la mort, la sienne ou celle d’un être cher, que ne veulent pas ces parlementaires et les membres de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité qui réclament du législateur le courage d’une loi claire sur la fin de vie.

Le suicide assisté est la seconde situation à envisager à propos de l’euthanasie. Elle a été l’occasion des débats les plus vifs notamment dans les affaires très médiatisées de Vincent Humbert et de Chantal Sébire.

Il faut bien s’entendre. D’abord, le suicide n’est pas interdit par la loi et personne n’est sanctionné pour avoir essayé de se tuer. Ensuite, il ya des suicides qu’il faut tout faire pour prévenir : ceux de la dépression nerveuse où le suicide est connu comme la plus redoutable des complications à empêcher par tous les moyens thérapeutiques à notre disposition, et ceux de la jeunesse où le suicide, véritable fléau social, est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la seconde après les accidents de la route dans la décennie précédente. Ces suicides de jeunes traduisent un profond mal-être qui peut tenir à des causes opposées : absence de normes (anomie de Durkheim) ou excès des contraintes, réelles ou supposées (suicides des adolescents qui se découvrent homosexuels), ou par sous-estimation de soi ou par idéalisme et refus d’une société jugée inacceptable. Le taux de suicide des jeunes juge une société.

L’assistance au suicide est, légalement, assimilée à un homicide mais cette disposition semble de moins en moins applicable. Un jeune homme de 23 ans vient d’être condamné à quatre ans de prison dont trois avec sursis pour avoir aidé une adolescente à se suicider en lui transmettant sur Internet des conseils sur les produits à utiliser et la manière de falsifier une ordonnance. Le juge a sanctionné de la peine maximale le délit de non-assistance à personne en danger mais n’a pas retenu le chef d’inculpation d’incitation au suicide pour la raison, comme l’a dit récemment dans un forum du Monde Jean Leonetti, alors même que cette disposition n’est pas explicite dans sa loi, que, le suicide ne constituant pas une infraction, "le fait de fournir à quelqu'un qui a la volonté de se suicider les moyens de le faire", n'est pas pénalisable. Seul le délit de provocation, et non plus seulement d’assistance, au suicide peut être poursuivi et il n’était pas avéré dans ce cas d’une jeune fille fermement décidée à se supprimer ; pas plus que n’était coupable de provocation le Pr Schwartzenberg quand il déposait sur la table de nuit de ses patients cancéreux en phase terminale les produits nécessaires à l’accomplissement d’un geste parfaitement voulu.

Mais que peut vouloir dire « fournir les moyens de se suicider à quelqu’un qui a envie de le faire » sinon mettre le produit létal dans la bouche ou l’injecter dans les veines, dans un cas comme celui de Vincent Humbert, 22 ans, complètement paralysé, muet et presqu’aveugle à la suite d’un accident de la route, qui avec les seuls mouvements d’une phalange de pouce est arrivé à écrire, y compris au président de la République, pour supplier qu’on lui permette de mourir et n’a essuyé que des refus jusqu’à ce que sa propre mère fasse les premiers gestes pour suivre sa volonté bientôt complétés par ceux du médecin, tous deux mis en examen avant un non-lieu au motif, dixit le procureur, qu’il convient de ‘se fonder sur l'élément moral de l'infraction et non pas sur l'élément matériel et légal’, bel exemple de détournement de la loi pour éviter un procès difficile, que réclamait pourtant Marie Humbert.

Ce n’était pas le cas de Chantal Sébire, cette femme de 52 ans défigurée par une tumeur maligne de la face qui avait décidé de mettre fin à ses jours. Elle était capable de le faire d’elle-même mais elle demandait qu’on lui procure les produits pour y parvenir, sans compromettre son entourage ni utiliser les moyens du pauvre : la pendaison, la défénestration, la noyade ou les rails du train ou du métro. Ce qu’elle souhaitait, au fond, c’était l’aide de la société au moment de franchir cette ultime et considérable étape de son existence qu’elle ne voulait pas accomplir dans la solitude et la clandestinité. Qui peut lui contester ce droit et au nom de quel principe, impératif moral catégorique (on doit, on ne doit pas) ou principe de précaution social (où s’arrêtera la licence de tuer si on autorise cette entorse ?), qui méritent l’un comme l’autre d’être regardés à deux fois avant d’infliger en leur nom à un être aussi durement frappé cette ultime marque d’irrespect.

Bien sûr, chacun connaît l’admirable institution des services de soins palliatifs dont l’objectif est d’offrir à leurs patients un répit après leur longue bataille contre la maladie et de leur permettre de ‘vivre jusqu’à la mort’ (titre d’un livre) de la manière la plus paisible. Les demandes d’euthanasie y deviennent rares ne cachant plus alors, le plus souvent, que le grand malaise de la vieillesse et d’une perte du sens de la vie. A force de soins et d’attentions l'envie de vivre reprend ses droits et on voit des patients qui le réclamaient et ne demandent plus à mourir. C’est une belle victoire sur le malheur mais c’est aussi une utopie : comment imaginer que l’hôpital public, et le privé a fortiori, pourra financer des services aussi coûteux en personnel alors que tant d’autres hôpitaux consacrés à des soins curatifs ou d’urgence sont à la portion congrue ou obligés de fermer (150 patients dans l’année seulement ont pu être accueillis au service de soins palliatifs de Paul-Brousse de Villejuif. Combien dans la région parisienne ? et dans toute la France ?).

Mais le vrai problème posé par l’euthanasie reste entier. La société est-elle prête à reconnaître à chacun la liberté de disposer de sa vie et à l’aider quand il demande son soutien ?
Bernard Graber

Par Union rationaliste
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Mardi 14 octobre 2008

Parce que leur pouvoir sur l’activité économique est beaucoup plus grand qu’on ne le croit habituellement : elles sont à l’origine de la plus grosse partie de la masse monétaire ; la dérégulation mondiale et la sophistication croissante des produits financiers les rend partenaires d’immenses opérations au bénéfice de la finance beaucoup plus que de l’économie ; elles échappent de plus en plus au contrôle du politique cependant seul dépositaire de la légitimité démocratique et en charge de la bonne marche de l’économie.

Elles créent de la monnaie par leur droit de faire « travailler » l’argent qui leur est confié en dépôt. Les divers crédits qu’elles ouvrent dépassent largement les fonds dont elles disposent. Ces crédits (prêts, autorisations de découvert) constituent un argent qui peut être dépensé et s’ajoute donc à celui des dépôts (comptes en banque, livrets d’épargne…) qui reste à la disposition de leurs propriétaires. On peut dire qu’une banque commerciale crée de la monnaie à l'instant où elle conclue un contrat de prêt avec un emprunteur. Ces crédits se font en échange d’une créance que la banque considère comme un actif à partir duquel elle va pouvoir consentir de nouveaux prêts. On parle d’un effet multiplicateur du crédit. Cette monnaie créée par les banques souvent par le simple jeu d’écritures est appelée ‘scripturale’. Sa masse peut atteindre jusqu’à plus de10 fois celle de la monnaie ‘fiduciaire’ des banques centrales (billets, pièces) gérée avec beaucoup plus de rigueur puisque maintenue stable aux variations du PIB près et garantie par les Etats. De plus, les banques se prêtent entre elles si bien qu’une énorme masse de capitaux est en circulation constante générant d’énormes profits certes parfois risqués mais autrement faciles que ceux de l’activité économique non financière.

La liberté des banques d’ouvrir des crédits est, évidemment, limitée par la loi pour protéger les déposants mais aussi les banques contre elles-mêmes dans la mesure où elles peuvent être tentées d’abuser de leur droit à ces jeux d’écriture d’un si bon rapport. Il existe un système de réserves obligatoires imposant aux banques de conserver un certain taux de ‘liquidités’ et à placer sur un compte de dépôts auprès de la banque centrale une ‘fraction’ des crédits qu’elles accordent (‘réserves fractionnaires’) ce qui fixe une limite quantitative à la création de crédits. D’autre part, une convention internationale (accords de Bâle II en 2004) prescrit de tenir compte de la qualité de l'emprunteur, établit une procédure de surveillance de la gestion des fonds propres et préconise une discipline du marché comportant la transparence dans la communication des établissements. Ces règles ne suffisent pas à garantir la sécurité du système et Maurice Allais, notre unique prix Nobel d’économie (1988), a pu écrire : « L'économie mondiale tout entière repose aujourd'hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile ».

Il est bien évident que les recommandations de bonne conduite ne valent que dans la mesure où elles sont soutenues par un appareil de contrôle, national ou international, doté d’un pouvoir de sanction. Le néolibéralisme en vigueur a obtenu, au contraire, la réduction de contrôles considérés comme un frein à la liberté de l’entreprise jugée essentielle au développement de l’économie.

La création inconsidérée de crédits a une autre conséquence qui est celle de toute production excessive de monnaie : la montée des prix. Celle-ci peut être générale ou limitée à certains secteurs (valeurs boursières, œuvres d’art, entreprises d’Internet, immobilier) provoquant la constitution de ‘bulles’. Ces bulles sont gonflées par l’usage des crédits ‘à terme’ qui anticipent sur l’augmentation de la valeur du bien. Elles sont d’autant plus destinées à exploser que cette augmentation de valeur est factice et seulement la conséquence de cet afflux de monnaie virtuelle. 

Le système repose sur les anticipations de remboursements des crédits qui sont comptés dans les liquidités. Quand les remboursements anticipés se font mal, les liquidités diminuent, le ratio crédits/liquidités n’est plus respecté et les banques ne peuvent plus prêter y compris aux clients sérieux qui peuvent être conduits à des dépôts de bilan pour de minimes problèmes transitoires de trésorerie, ce qui étend à l’économie une crise au départ purement financière. Les banques doivent alors réaliser certains de leurs actifs pour reconstituer leurs liquidités mais si ces actifs sont devenus ‘toxiques’ comme les subprimes, non seulement ils ne sont plus monnayables mais ils doivent être retirés des actifs et une cascade de catastrophes peut alors s’enclencher.

C’est ce qui est arrivé aux USA où deux géants américains de la finance, Bear Stearns en mars et Lehman Brothers en septembre ont mordu la poussière en quelques jours par la multiplication des défauts de paiements et des défaillances d'entreprises et par l’accumulation d’actifs toxiques qui leur faisaient refuser des prêts par les autres banques. Le cas de Bear Stearns est exemplaire. Début mars 2008, le montant de son pôle de liquidités tournait, comme d’habitude, autour de 20 milliards de dollars. Le lundi 10 mars, il était encore de 18,1 milliards de dollars. Le lendemain, il chute à 11,5. Le jeudi, il se retrouve réduit à 2 milliards de dollars, 10 fois moins que la semaine précédente. Le vendredi Bear Stearns n'a plus d'argent frais et n'arrive pas à vendre ses actifs. C'est la chute. Une recapitalisation est alors indispensable. La Fed volera à son secours, puis JP Morgan la rachètera. [http://www.journaldunet.com/economie/finance/dossier/].

Le Congrès s’opposera à ce que le même traitement soit appliqué à Lehman Brothers par refus de faire intervenir l’Etat dans le domaine économique pour les uns ou de faire endosser aux contribuables les fautes des banquiers pour les autres, mais ce refus risque de coûter beaucoup plus cher quand il faudra faire face à des dégâts en chaîne bien plus considérables.

La crise actuelle aurait sans doute pu être évitée par le respect plus strict des accords de Bâle mais les facilités des profits financiers étaient trop grandes, la tentation du gain trop forte et, sans doute, le niveau moral des agents économiques néolibéraux trop bas, pour s’en tenir au fonctionnement normal du système financier et à sa juste rétribution.

Il faut espérer que cette crise aura le mérite de briser l’utopie néolibérale et de ramener un peu de bons sens et de moralité dans les mœurs économiques.

Voir aussi

http://fr.wikipedia.org/wiki/Création_monétaire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_multiplicateur_du_crédit

http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_dérivé_(finance)

http://www.chomage-et-monnaie.org/Documents_pdf/QRFAQQuantite.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bâle_II

Par Union rationaliste
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